{"id":34802,"date":"2026-06-11T21:56:57","date_gmt":"2026-06-11T19:56:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.legalmondo.com\/?p=34802"},"modified":"2026-06-11T21:59:35","modified_gmt":"2026-06-11T19:59:35","slug":"ambush-marketing-coupe-du-monde-fifa-2026","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.legalmondo.com\/fr\/2026\/06\/ambush-marketing-coupe-du-monde-fifa-2026\/","title":{"rendered":"Ambush marketing et Coupe du Monde de la FIFA 2026"},"content":{"rendered":"<p>Lors d\u2019\u00e9v\u00e8nements de grande ampleur, tels que la Coupe du Monde de la FIFA 2026, certaines entreprises tentent d\u2019associer \u00ab sauvagement \u00bb leur marque ou image \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e8nement par une pratique d\u2019\u00ab\u00a0ambush marketing\u00a0\u00bb (marketing d\u2019embuscade) d\u00e9finie par la jurisprudence comme une <em>\u00ab\u00a0strat\u00e9gie publicitaire mise en place par une entreprise afin d\u2019associer son image commerciale \u00e0 celle d\u2019un \u00e9v\u00e9nement et donc de profiter de l\u2019impact m\u00e9diatique dudit \u00e9v\u00e9nement sans s\u2019acquitter des droits qui y sont relatifs et sans avoir obtenu au pr\u00e9alable l\u2019autorisation de l\u2019organisateur de l\u2019\u00e9v\u00e9nement\u00a0\u00bb<\/em> (CA Paris, 2e chambre, 8 juin 2018, n\u00b0\u00a017\/12912). Une pratique risqu\u00e9e et sanctionn\u00e9e, mais parfois envisageable.<\/p>\n<h2>Points cl\u00e9s \u00e0 retenir<\/h2>\n<ul>\n<li>L\u2019ambush marketing est une pratique sanctionn\u00e9e mais qui n\u2019est pas interdite en soi.<\/li>\n<li>En contrepartie de leurs investissements dans la comp\u00e9tition, les sponsors et partenaires officiels de la FIFA b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une protection juridique tr\u00e8s importante, par l\u2019interm\u00e9diaire de divers textes g\u00e9n\u00e9raux (contrefa\u00e7on, parasitisme, propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle) ou plus particuliers (droit du sport), contre toutes formes d\u2019ambush marketing.<\/li>\n<li>La Coupe du Monde de la FIFA fait l\u2019objet d\u2019une protection renforc\u00e9e fond\u00e9e sur un portefeuille \u00e9tendu de marques d\u00e9pos\u00e9es dans le monde entier et sur les directives de la FIFA relatives \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle, en l\u2019absence de l\u00e9gislation fran\u00e7aise sp\u00e9cifique comparable \u00e0 celle institu\u00e9e pour les Jeux Olympiques.<\/li>\n<li>Ces droits ne sont pas absolus et il reste n\u00e9anmoins de minces opportunit\u00e9s permettant une pratique, astucieuse, du marketing d\u2019embuscade.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>La protection des sponsors et partenaires officiels de la Coupe du Monde contre l\u2019ambush marketing<\/h2>\n<p>Fort d\u2019une audience mondiale de pr\u00e8s de 5 milliards de personnes sur l\u2019ensemble des plateformes lors de sa derni\u00e8re \u00e9dition au Qatar en 2022 \u2013 dont plus de 1,5 milliard pour la seule finale \u2013 la Coupe du Monde de la FIFA 2026 est l\u2019\u00e9v\u00e8nement sportif le plus suivi de la plan\u00e8te. Accueilli pour la premi\u00e8re fois par trois pays (Canada, Mexique et \u00c9tats-Unis), il r\u00e9unit 48 \u00e9quipes et plus de 1\u00a0200 joueurs pour 104 matchs dans 16 stades. Son organisation est financ\u00e9e dans une large mesure par les diff\u00e9rents partenaires, sponsors et d\u00e9tenteurs de droits officiels, qui b\u00e9n\u00e9ficient en contrepartie d\u2019un droit exclusif d\u2019utilisation des marques et propri\u00e9t\u00e9s intellectuelles officielles de la FIFA afin d\u2019y associer leur propre image et signes distinctifs.<\/p>\n<p>La pratique d\u2019ambush marketing n\u2019est pas sanctionn\u00e9e en tant que telle par le droit fran\u00e7ais, mais de nombreux textes \u00e9pars permettent de prot\u00e9ger largement les sponsors et partenaires de manifestations sportives de dimension mondiale contre l\u2019ambush marketing. Ils sont en effet l\u00e9gitimes \u00e0 pouvoir jouir paisiblement des droits qui leur sont offerts en contrepartie de leurs larges investissements r\u00e9alis\u00e9s dans le cadre d\u2019\u00e9v\u00e8nements tels que, par exemple, les coupes du monde de football ou de rugby, ou les Jeux Olympiques.<\/p>\n<p>Peuvent notamment \u00eatre invoqu\u00e9s par les sponsors officiels et par les organisateurs de telles manifestations :<\/p>\n<ul>\n<li>les protections \u00ab\u00a0classiques\u00a0\u00bb offertes par le droit de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle (droit des marques et droit d\u2019auteur) au titre de l\u2019action en contrefa\u00e7on fond\u00e9e sur le Code de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle,<\/li>\n<li>le droit de la responsabilit\u00e9 civile (parasitisme et concurrence d\u00e9loyale fond\u00e9s sur l\u2019article 1240 du Code civil),<\/li>\n<li>le droit de la consommation (pratiques commerciales trompeuses),<\/li>\n<li>mais aussi des textes plus sp\u00e9cifiques tels que la protection des droits d\u2019exploitation des f\u00e9d\u00e9rations sportives et des organisateurs de manifestations sportives pr\u00e9vue par l\u2019article L.333-1 du Code du sport, qui conf\u00e8re aux organisateurs de manifestations sportives un monopole d\u2019exploitation.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Sur ces fondements, ont par exemple \u00e9t\u00e9 sanctionn\u00e9es les pratiques d\u2019ambush marketing suivantes :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>L\u2019exploitation d\u2019une comp\u00e9tition de tennis et l\u2019utilisation, pendant l\u2019\u00e9v\u00e8nement sportif, de la marque associ\u00e9e \u00e0 celui-ci : <\/strong>L\u2019organisation de paris en ligne portant sur le tournoi de Roland Garros, utilisant le signe prot\u00e9g\u00e9 et la marque Roland Garros pour viser les matchs sur lesquels les paris \u00e9taient organis\u00e9s. L\u2019exploitation illicite de la comp\u00e9tition sportive est sanctionn\u00e9e \u00e0 hauteur de 400\u00a0000\u00a0euros sur le fondement de l\u2019article L.333-1 du Code du sport, la F\u00e9d\u00e9ration fran\u00e7aise de tennis \u00e9tant seule propri\u00e9taire du droit d\u2019exploitation de Roland Garros. L\u2019utilisation de la marque est \u00e9galement sanctionn\u00e9e au titre de la contrefa\u00e7on (\u00e0 hauteur de 300\u00a0000\u00a0euros) et du parasitisme (\u00e0 hauteur de 500\u00a0000\u00a0euros) (CA Paris, 14\u00a0oct.\u00a02009, n\u00b0\u00a008\/19179).<\/li>\n<li><strong>Une campagne publicitaire r\u00e9alis\u00e9e pendant un festival de cin\u00e9ma reproduisant la marque d\u00e9pos\u00e9e de l\u2019\u00e9v\u00e8nement : <\/strong>L\u2019organisation, pendant le festival de Cannes, d\u2019une op\u00e9ration de communication digitale par une marque de cosm\u00e9tique \u00e0 travers la publication de vid\u00e9os sur ses r\u00e9seaux sociaux, sur certains plans desquelles \u00e9tait visible l\u2019affiche officielle du festival de Cannes, l\u2019une d\u2019elles reproduisant la marque d\u00e9pos\u00e9e de la palme d\u2019or. Sanctionn\u00e9e sur les fondements de la contrefa\u00e7on de droits d\u2019auteur et du parasitisme \u00e0 hauteur de 50\u00a0000\u00a0euros (TJ Paris, 11\u00a0d\u00e9c.\u00a02020, n\u00b0\u00a019\/08543).<\/li>\n<li><strong>Une campagne publicitaire visant \u00e0 se voir attribuer \u00e0 tort la qualit\u00e9 de partenaire officiel d\u2019un \u00e9v\u00e8nement : <\/strong>L\u2019utilisation, pendant le festival de Cannes, du slogan \u00ab\u00a0coiffeur officiel des femmes\u00a0\u00bb associ\u00e9 aux expressions \u00ab\u00a0Cannes\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Festival de Cannes\u00a0\u00bb, laissant faussement croire au public que l\u2019entreprise \u00e9tait partenaire officiel du festival. Sanctionn\u00e9e sur le fondement de la concurrence d\u00e9loyale et du parasitisme \u00e0 hauteur de 50\u00a0000\u00a0euros (CA Paris, 8\u00a0juin\u00a02018, n\u00b0\u00a017\/12912).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces sanctions p\u00e9cuniaires peuvent se cumuler avec des injonctions de cessation des pratiques et\/ou des mesures de publication dans la presse, sous astreinte.<\/p>\n<h2>La protection sp\u00e9cifique des marques de la FIFA<\/h2>\n<p>\u00c0 la diff\u00e9rence des Jeux Olympiques de Paris 2024, qui b\u00e9n\u00e9ficiaient d\u2019une loi fran\u00e7aise sp\u00e9cifique en tant que pays h\u00f4te (loi n\u00b0\u00a02018-202 du 26\u00a0mars\u00a02018 relative \u00e0 l\u2019organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024) et r\u00e9servant notamment les espaces publicitaires \u00e0 proximit\u00e9 des sites de comp\u00e9tition aux seuls partenaires officiels, la Coupe du Monde de la FIFA 2026 ne se tenant pas sur le territoire fran\u00e7ais, aucun dispositif l\u00e9gal fran\u00e7ais \u00e9quivalent n\u2019est applicable. La protection des partenaires et sponsors officiels repose donc sur le droit commun, mais elle n\u2019en est pas moins solide.<\/p>\n<p>La FIFA a constitu\u00e9 un portefeuille tr\u00e8s \u00e9tendu de marques d\u00e9pos\u00e9es dans le monde entier, prot\u00e9g\u00e9es en France par les dispositions du Code de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle. Ces marques comprennent notamment la marque verbale et figurative FIFA\u00ae, les marques FIFA World Cup\u2122, FIFA World Cup 26\u2122, Coupe du Monde de la FIFA\u2122, Coupe du Monde de la FIFA 2026\u2122, World Cup\u2122, Copa Mundial\u2122, ainsi que l\u2019embl\u00e8me officiel de la comp\u00e9tition (combinant le troph\u00e9e et le chiffre 26), le slogan officiel \u00ab\u00a0We Are 26\u2122\u00a0\u00bb \/ \u00ab\u00a0Nous Sommes 26\u2122\u00a0\u00bb, les logos des seize villes h\u00f4tes, et la police typographique officielle \u00ab\u00a0FWC 26\u00a0\u00bb, prot\u00e9g\u00e9e par le droit d\u2019auteur. Seuls les d\u00e9tenteurs de droits de la FIFA, c\u2019est-\u00e0-dire les Partenaires FIFA (au premier rang desquels figurent Adidas, Aramco, Coca-Cola, Hyundai\/Kia, Qatar Airways et Visa), les Sponsors Plus, les Sponsors officiels et les Supporters r\u00e9gionaux, sont autoris\u00e9s \u00e0 utiliser \u00e0 des fins commerciales cette propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle officielle.<\/p>\n<p>La FIFA a publi\u00e9 des directives relatives \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle, qui pr\u00e9cisent en d\u00e9tail les usages autoris\u00e9s et interdits des marques et logos li\u00e9s \u00e0 la Coupe du Monde 2026. Selon ces directives, sont notamment prohib\u00e9s, sans autorisation, toute utilisation des marques officielles dans une publicit\u00e9 commerciale\u00a0; l\u2019int\u00e9gration de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle officielle dans un nom commercial ou un nom de domaine\u00a0; l\u2019organisation de concours ou jeux-concours cr\u00e9ant une association avec la comp\u00e9tition\u00a0; l\u2019utilisation des marques officielles pour d\u00e9corer un magasin\u00a0; et l\u2019usage par un compte professionnel de hashtags officiels dans un but commercial. Ces directives pr\u00e9cisent en outre que la protection s\u2019\u00e9tend non seulement \u00e0 la reproduction \u00e0 l\u2019identique des marques officielles, mais \u00e9galement \u00e0 leurs variantes dont la similitude peut pr\u00eater \u00e0 confusion. Cette protection rappel\u00e9e par les lignes directrices est en coh\u00e9rence avec la protection \u00e9largie accord\u00e9e aux marques notoires en droit fran\u00e7ais par l\u2019article L.713-5 du Code de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle.<\/p>\n<h2>Les le\u00e7ons des JO de Paris 2024 : quels risques pour les marques ?<\/h2>\n<p>Les Jeux Olympiques de Paris 2024 ont donn\u00e9 lieu \u00e0 un contentieux abondant qui \u00e9claire concr\u00e8tement les risques auxquels s\u2019exposent les entreprises tent\u00e9es par l\u2019ambush marketing lors d\u2019un \u00e9v\u00e8nement sportif majeur. Si ces d\u00e9cisions ont \u00e9t\u00e9 rendues dans le contexte sp\u00e9cifique des JO, pendant lesquels protections l\u00e9gales sp\u00e9cifiques renforc\u00e9es s\u2019appliquaient, elles constituent n\u00e9anmoins un avertissement direct pour les marques qui envisageraient des strat\u00e9gies similaires lors de la Coupe du Monde, sur le fondement du droit commun.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>L\u2019utilisation de symboles officiels sur des supports physiques itin\u00e9rants : <\/strong>Pendant les JO de Paris 2024, une soci\u00e9t\u00e9 chinoise du secteur laitier avait fait circuler dans Paris des bus arborant les anneaux olympiques associ\u00e9s \u00e0 ses propres marques, tout en se pr\u00e9sentant comme \u00ab\u00a0la seule soci\u00e9t\u00e9 laiti\u00e8re chinoise pr\u00e9sente \u00e0 Paris 2024\u00a0\u00bb. La Cour d\u2019appel de Paris a confirm\u00e9 tant le parasitisme que la contrefa\u00e7on de marque, et condamn\u00e9 les soci\u00e9t\u00e9s concern\u00e9es, en r\u00e9f\u00e9r\u00e9, au paiement d\u2019une provision de 20\u00a0000\u00a0euros, assortie d\u2019une astreinte de 20\u00a0000\u00a0euros par jour et par infraction constat\u00e9e, visant \u00e0 faire cesser la diffusion des publicit\u00e9s (CA Paris, p\u00f4le 5, ch. 2, 21\u00a0nov.\u00a02025, n\u00b0\u00a024\/15283\u00a0; TJ Paris, ordonnance de r\u00e9f\u00e9r\u00e9 du 8 ao\u00fbt 2024, 24\/55463).<\/li>\n<li><strong>La retransmission non autoris\u00e9e de comp\u00e9titions : <\/strong>Le tribunal judiciaire de Paris a ordonn\u00e9 en r\u00e9f\u00e9r\u00e9, pendant les JO, la cessation imm\u00e9diate de la diffusion de comp\u00e9titions olympiques par une plateforme de streaming ne disposant pas des droits m\u00e9dias correspondants, sous astreinte de 1\u00a0500\u00a0euros par infraction constat\u00e9e, 3\u00a0000\u00a0euros par jour pour les distributions continues et 5\u00a0000\u00a0euros par jour pour d\u00e9faut de retrait (TJ Paris, r\u00e9f., 18\u00a0sept.\u00a02024, n\u00b0\u00a024\/53019). Ainsi, toute plateforme retransmettant des matchs de la Coupe du Monde sans d\u00e9tenir les droits c\u00e9d\u00e9s par la FIFA s\u2019expose \u00e0 des mesures d\u2019urgence imm\u00e9diates, sur le fondement de l\u2019article L.333-1 du Code du sport.<\/li>\n<li><strong>La protection \u00e9largie de la marque notoire : <\/strong>La Cour de cassation a confirm\u00e9 que la protection des marques olympiques s\u2019\u00e9tendait au-del\u00e0 de la reproduction stricto sensu : il suffit que la marque soit <strong>\u00e9voqu\u00e9e ou sugg\u00e9r\u00e9e<\/strong>, <strong>sans qu\u2019il soit n\u00e9cessaire de d\u00e9montrer un risque de confusion dans l\u2019esprit du public<\/strong>. Cette solution, fond\u00e9e sur l\u2019article L.713-5 du code de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle, s\u2019est appliqu\u00e9e \u00e0 un bar ayant utilis\u00e9 les anneaux olympiques sur ses sous-bocks pour promouvoir ses soir\u00e9es de retransmission (Cass. crim., 17\u00a0janv.\u00a02017, n\u00b0\u00a015-86.363). Les marques de la FIFA \u00e9tant tout aussi notoires sur le plan mondial, le m\u00eame r\u00e9gime protecteur leur est applicable : une simple \u00e9vocation des marques officielles, m\u00eame sans reproduction litt\u00e9rale, pourra caract\u00e9riser une atteinte sanctionnable.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Certaines op\u00e9rations marketing peuvent \u00e9chapper \u00e0 toute sanction<\/h2>\n<p>L\u2019analyse de la jurisprudence et des pratiques promotionnelles permet n\u00e9anmoins de comprendre les contours de certaines pratiques publicitaires qui pourraient \u00eatre autoris\u00e9es (non sanctionn\u00e9es par les textes susmentionn\u00e9s), sous r\u00e9serve qu\u2019elles soient pr\u00e9par\u00e9es et pr\u00e9sent\u00e9es avec habilet\u00e9. En voici quelques exemples.<\/p>\n<p><strong>Communication sur un ton d\u00e9cal\u00e9 ou humoristique : <\/strong>Une approche d\u00e9cal\u00e9e, voire humoristique, peut permettre d\u2019\u00e9chapper aux sanctions susvis\u00e9es.<\/p>\n<ul>\n<li>Ainsi, la marque de chips Vico du groupe Intersnack avait lanc\u00e9 en 2016 une campagne promotionnelle autour du slogan \u00ab\u00a0Vico, partenaire des supporters \u00e0 domicile\u00a0\u00bb.<\/li>\n<li>La soci\u00e9t\u00e9 irlandaise Paddy Power avait pour sa part parrain\u00e9 une course de l\u2019\u0153uf dans la cuiller \u00e0 \u00ab\u00a0London\u00a0\u00bb, village de Bourgogne, pour afficher \u00e0 Londres pendant les JO de 2012 le slogan : \u00ab\u00a0Official Sponsor of the largest athletics event in London this year ! There you go, we said it. (Ahem, London France that is)\u00a0\u00bb. Le comit\u00e9 d\u2019organisation des JO avait \u00e9chou\u00e9 \u00e0 faire cesser cette campagne. Humour anglais \u2026<\/li>\n<li>Le groupe Heineken avait quant \u00e0 lui commercialis\u00e9 pendant l\u2019Euro 2016, dont Carlsberg \u00e9tait le sponsor officiel, une gamme de bouteilles aux couleurs des drapeaux de 21\u00a0pays ayant \u00ab\u00a0marqu\u00e9 son histoire\u00a0\u00bb, parmi lesquels une majorit\u00e9 de participants \u00e0 la comp\u00e9tition.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Communication d\u2019une donn\u00e9e informative \u00e0 titre publicitaire :<\/strong> A \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 licite l\u2019utilisation de r\u00e9sultats d\u2019un match de rugby et l\u2019annonce d\u2019un prochain match dans un journal pour la promotion d\u2019un v\u00e9hicule automobile, la publicit\u00e9 indiquant : \u00ab\u00a0France 13 Angleterre 24 \u2013 la Fiat 500 f\u00e9licite l\u2019Angleterre pour sa victoire et donne rendez-vous \u00e0 l\u2019\u00e9quipe de France le 9 mars pour France-Italie\u00a0\u00bb. Les juges ont consid\u00e9r\u00e9 que cette publication \u00ab\u00a0se borne \u00e0 reproduire un r\u00e9sultat sportif d\u2019actualit\u00e9, acquis et rendu public en premi\u00e8re page du journal d\u2019information sportive, et \u00e0 faire \u00e9tat d\u2019une rencontre future \u00e9galement connue comme d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9e par le journal dans un article d\u2019information\u00a0\u00bb (Cass. com., 20\u00a0mai\u00a02014, n\u00b0\u00a013-12.102).<\/p>\n<p><strong>Sponsoring de joueurs participant \u00e0 la Coupe du Monde :<\/strong> Toute soci\u00e9t\u00e9 peut conclure des partenariats avec des joueurs participant \u00e0 la Coupe du Monde de la FIFA, par exemple en leur fournissant des \u00e9quipements ou des v\u00eatements portant son logo. Les directives de la FIFA relatives \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle pr\u00e9cisent express\u00e9ment qu\u2019elles \u00ab\u00a0<em>ne contiennent aucune affirmation relative \u00e0 des droits d\u00e9tenus par des tierces parties telles que les joueurs, clubs, associations membres [ou] conf\u00e9d\u00e9rations<\/em>\u00a0\u00bb. Les directives de la FIFA confirment par ailleurs explicitement que les <strong>images g\u00e9n\u00e9riques li\u00e9es au football, aux \u00e9quipes nationales ou aux drapeaux de pays n\u2019entrent pas dans la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle officielle<\/strong>. La prudence s\u2019impose n\u00e9anmoins : le partenariat ne doit pas cr\u00e9er l\u2019impression d\u2019une association commerciale avec la FIFA ou la comp\u00e9tition, ni utiliser les marques officielles de la FIFA.<\/p>\n<blockquote><p>L\u2019approche combin\u00e9e juridique et marketing dans la conception et la pr\u00e9paration du message d\u2019une telle op\u00e9ration de communication est essentielle pour \u00e9viter des poursuites judiciaires, notamment sur le fondement du parasitisme. Certaines campagnes publicitaires peuvent donc l\u00e9gitimement \u00eatre envisag\u00e9es, notamment quand elles sont astucieuses.<\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Qu&rsquo;est-ce que le marketing sauvage ? Il s&rsquo;agit d&rsquo;une pratique courante lors d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements sportifs tels que la Coupe du monde de football, qui peut donner lieu \u00e0 des sanctions pour concurrence d\u00e9loyale.<\/p>\n","protected":false},"author":593,"featured_media":34792,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[10845,10834],"tags":[10888],"class_list":["post-34802","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-contracts-fr","category-distribution-agreements-fr","tag-france-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.legalmondo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/34802","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.legalmondo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.legalmondo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.legalmondo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/593"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.legalmondo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=34802"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.legalmondo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/34802\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":34803,"href":"https:\/\/www.legalmondo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/34802\/revisions\/34803"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.legalmondo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/34792"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.legalmondo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=34802"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.legalmondo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=34802"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.legalmondo.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=34802"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}